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août 20

GP d’Europe: Entrevue avec Pascal Vasselon

Aperçu technique de Valence

Pascal Vasselon, directeur général châssis chez Toyota, donne un aperçu technique du circuit de Valence et fait part des ambitions de l’équipe japonaise pour le Grand Prix d’Europe.
 Comment vous préparez-vous pour la course de Valence, sur un circuit nouveau et totalement inconnu ?

« À peu de chose près, nous nous préparons de la même manière que pour tout nouveau circuit. Nous sommes partis des données fournies par la FIA pour déterminer les profils de vitesse. Ensuite, nous avons profité des courses des catégories F3 et GT qui se sont déroulées avant le Grand Prix pour collecter des informations : des observateurs spécialement missionnés ont étudié la logistique et la technique, notamment les trajectoires. Pour ce circuit, nous sommes donc sans doute un peu plus au point que pour d’autres circuits. »

 Quelles sont vos premières impressions ?

« Pour un circuit urbain, il y a beaucoup de zones de dégagement. Le circuit est très très large et permet des vitesses intéressantes. Nous nous attendons à ce qu’il mette les freins à rude épreuve. Au début, l’adhérence devrait être assez faible mais elle devrait aller en s’améliorant au fil du week-end. La force d’appui nécessaire sera sans doute très différente par rapport à la Hongrie, notamment en raison de la vitesse moyenne. Nous nous attendons à ce qu’elle soit intermédiaire. En tout cas, tout le monde va essayer de l’optimiser en fonction de l’état du circuit. »

 Certains pilotes de F3 ont évoqué des vibreurs susceptibles de causer des problèmes. Êtes-vous inquiets ?

« C’est exactement le genre de détails que nous allons étudier minutieusement avant le Grand Prix de ce week-end. Nous sommes particulièrement inquiets pour le pont tournant. Comme, en temps normal, il pivote pour laisser passer les bateaux, il présente un creux de 3 cm de large et une bosse de quelques millimètres de haut. En F3, il semble avoir été à l’origine de quelques soucis. Nous allons donc étudier la situation de très près. »

 La surface est-elle importante pour le choix de pneumatiques ?

« Elle est extrêmement importante. Le choix de pneumatiques est déjà fait : ce sera des Bridgestone. Par contre, nous utiliserons soit des gommes tendres, soit des gommes supertendres en fonction de la force d’appui souhaitée. »

 Selon vous, les essais libres de vendredi seront-ils plus riches d’enseignements que d’autres essais libres ?

« Je pense que nous pouvons en attendre beaucoup, sauf en début de séance, où le circuit est encore très poussiéreux. Ce qui est sûr, c’est que nous devrons rassembler un maximum d’informations. Ce ne sera pas du tout le même cas de figure que pour un circuit connu. »

 Pour vous, est-ce un défi que de découvrir un nouveau circuit ?

« Oui, c’est un défi, car nous n’avons aucune référence. Il nous faut trouver des éléments de comparaison. Nous devons essayer de cerner les facteurs de performance clés avant nos rivaux. Il s’agit là d’un exercice très intéressant. Le week-end sera très dense, peut-être même un peu tendu du point de vue logistique. Mais je suis confiant : tout va bien se passer. »

 Quelle a été votre réaction suite à la deuxième place de Timo en Hongrie ?

« Il va sans dire que nous avons apprécié à sa juste valeur notre performance en Hongrie. Nous étions en très bonne forme. Timo a non seulement terminé second, mais il a également lutté corps et âme lors des qualifications pour être parmi les trois meilleurs. Son premier temps au tour lors de la troisième phase des essais qualificatifs était le deuxième meilleur temps de la séance, juste derrière Hamilton. Une prouesse si l’on prend en compte les charges d’essence. Lors des qualifications, il a réussi à terminer cinquième. Avec lui, l’écurie aura connu son meilleur rythme de course de la saison. Timo a très bien mené la course. Il était très proche de la McLaren de Kovalainen en termes de performances. Il a bien mérité son podium. »

 Vous n’avez pas l’impression que Timo s’est amélioré après une demi-saison de course ?

« Indéniablement. Il a progressé. Et lors des qualifications, et lors des courses. Ses performances sont très prometteuses. Il s’est très bien défendu à plusieurs reprises lors de cette saison. Il a tenu un très bon rythme de course à Hockenheim. Sa performance de Budapest n’était pas un cas isolé. À l’évidence, Timo a quasiment terminé sa phase d’apprentissage. Quant à Jarno, il n’était qu’à quelques dixièmes de seconde de Timo en Hongrie, mais il n’était pas favorisé par les réglages, il avait une charge d’essence plus importante lors des qualifications et il avait un moteur qui en était à sa deuxième course, alors que Timo avait un moteur neuf. Quoi qu’il en soit, les deux monoplaces ont fait une belle course à Budapest, et c’est une très bonne chose pour l’écurie. »

 Pensez-vous pouvoir capitaliser sur les 10 points de Hongrie pour vous assurer la quatrième place au Championnat du Monde des Constructeurs pour le restant de la saison ?

« C’est notre objectif. Si l’on regarde les quatre dernières courses, c’est la place que nous méritons. Mais en Formule 1, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Il ne faut pas sous-estimer des écuries comme Renault et Red Bull. En termes de performances, depuis Magny-Cours, je pense que nous pouvons concurrencer BMW et arriver à un package qui permette de se classer parmi les trois voitures les plus rapides. La course de Valence devrait mettre en lumière la capacité d’adaptation des différentes écuries et leur faculté à cerner les facteurs de performance clés. Elle sera certainement très intéressante. »

source: autosports.be



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