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Déc 30

Formule Un: Retour sur la saison 2016

Un premier titre mondial pour Nico Rosberg … suivi d’une retraite surprise

2016-10-22_70941 Confirmation du talent de Max Verstappen, débuts de Esteban Ocon et Stoffel Vandoorne ou encore retour de Renault en tant que constructeur.

Retour sur la saison 2016 du Championnat du Monde de F1.

Nico Rosberg a enfin battu Lewis Hamilton pour le titre mondial en F1.

L’Allemand courait après un titre mondial depuis ses débuts en 2006, et surtout depuis la domination de Mercedes sur la F1 en 2014 et l’avènement des Power Units V6 turbo / hybrides.

Après avoir lutté jusqu’au bout il y a deux ans face à son rival Lewis Hamilton, Rosberg avait cédé dès les Etats-Unis en 2015. Une défaite qui a pourtant ouvert le début d’une longue main-mise de l’ancien pilote Williams sur le championnat.

Entre le Mexique en 2015 et la Russie cette saison, la Mercedes n°6 aligne sept victoires consécutives, ce qui permet au fils de Keke Rosberg de s’installer solidement en tête du championnat 2016, au moment où Lewis Hamilton est notamment freiné par la mécanique.

Le duel entre les deux équipiers atteindra l’un de ses points culminants en Espagne, où un contact élimine les deux W07 Hybrid dans le premier tour. Dès lors, Hamilton entamera sa remontée au championnat, au prix entre autres d’une nouvelle confrontation en piste en Autriche, dans un dernier tour marqué par un contact au niveau du deuxième virage du Red Bull Ring.

Le Britannique poursuit sa bonne série jusqu’en Allemagne, tout en ayant repris les commandes du classement. Mais dès la Belgique, Nico Rosberg retrouve le chemin du succès, et profite notamment de l’abandon de Hamilton en Malaisie sur problème moteur pour se constituer une avance décisive. L’Allemand contrôlera son équipier jusqu’à la finale d’Abou Dhabi en terminant 2e des quatre derniers Grands Prix pour décrocher son Graal.

… puis retraité !

Tout juste sacré champion du monde, Nico Rosberg surprend pourtant tout le monde en marge de la Remise des Prix de la FIA à Vienne en Autriche en annonçant sa retraite de la F1. Un coup de tonnerre que justifie l’Allemand en avouant vouloir se consacrer à sa famille.

« Le dimanche matin à Abou Dhabi, je savais que ce pourrait être ma dernière course. Et tout cela est devenu soudain très clair juste avant le départ. Je voulais profiter de chaque seconde de cette expérience, en sachant que ce pourrait être ma dernière … et puis les feux se sont éteints et j’ai eu les 55 tours les plus intenses de ma vie. Le lundi soir, j’ai pris ma décision. » déclarait Rosberg dans un long message posté sur les réseaux sociaux.

Mercedes doit désormais trouver un remplaçant à son champion du monde, faisant naître ainsi de nombreuses rumeurs. Si l’écurie allemande a indiqué ne pas vouloir prendre de décision avant la semaine prochaine, le Finlandais Valtteri Bottas et l’Allemand Pascal Wehrlein apparaissent comme les deux options majeures pour Toto Wolff, patron de Mercedes-Benz Motorsport.

Max Verstappen confirme

On savait le Néerlandais plein de talent, et toujours quelque peu décrié dans son pilotage et ses défenses agressifs. 2016 a été l’année de la confirmation sur ces deux points. Aligné en début d’année par Toro Rosso, le fils de Jos Verstappen a franchi plus vite que prévu la marche vers Red Bull Racing.

Installé dans le baquet de Daniil Kvyat, rétrogradé au sein de la structure de Franz Tost dès le Grand Prix d’Espagne, Verstappen ne manque pas l’occasion incroyable offerte par le double abandon Rosberg – Hamilton, pour s’imposer lors de sa première course avec la RB12.

Tout au long de la saison, l’ancien pensionnaire du Championnat d’Europe de F3 marquera plusieurs courses par ses remontées éclairs dans le peloton, et certains duels musclés, comme avec Hamilton au Japon. Au Mexique, sa manœuvre pour défendre sa position en coupant hors-trajectoire, lui vaudra la colère de Sebastian Vettel … mais aussi une pénalité de la part des commissaires.

L’Allemand et le Néerlandais se retrouvent quelques jours plus tard au Brésil. Sous le déluge d’Interlagos, Max Verstappen réalise une course exceptionnelle, en dépassant une nouvelle fois la Ferrari SF16-H n°5 de façon virile … mais cette fois jugée correcte par le collège des commissaires.

Ferrari voit rouge

Meilleure opposante à Mercedes en 2015, la Scuderia Ferrari devait en toute logique constituer la principale menace aux Flèches d’Argent cette saison. Mais les hommes de Maurizio Arrivabene n’ont jamais été à la hauteur des attentes, voyant même Red Bull Racing reprendre le fauteuil de dauphin en fin d’année.

Ni Sebastian Vettel, ni Kimi Räikkönen n’ont décroché de victoires en 2016, au terme d’une saison marquée par le départ en coulisses de James Allison, directeur technique de Ferrari, remplacé dans son rôle par Mattia Binotto.

Le discours de patience des pilotes et de l’encadrement de Maranello suffira-il à satisfaire les tifosi, sevrés de titres mondiaux depuis 2008 et un sacre Constructeurs ? Les responsables italiens restent confiants avant la possible redistribution des cartes en vue de 2017, avec une nouvelle réglementation technique.

Renault entame son renouveau

Toute de jaune vêtue, comme pour rappeler la mythique RS01 et son V6 turbo en 1977, la R.S. 16 marquait le retour de la marque au Losange en F1 en tant que constructeurs à part entière. Annoncée l’an passé avec un plan sur trois années pour retrouver les premières places, cette nouvelle aventure a débuté par une année de reconstruction pour Renault.

Jolyon Palmer et Kevin Magnussen n’ont marqué des points qu’à trois reprises, mais la marque française a pu voir certains progrès notamment du point de vue de son bloc moteur, devenu fiable et performant dans les Red Bull de Verstappen et Ricciardo.

Des signes encourageants pour 2017, avec le nouveau règlement technique et l’arrivée de Nico Hülkenberg, qui pourraient bien amener de plus amples satisfactions pour les hommes de Frédéric Vasseur.

Force India n’en finit plus de grimper

En terminant 4e du classement Constructeurs, Force India a atteint son meilleur résultat en F1. Avec le duo Pérez – Hülkenberg, l’écurie de Vijay Mallya a pris le dessus sur sa rivale Williams, en grande partie avec les excellentes performances de Sergio Pérez (deux podiums à Monaco et en Azerbaïdjan), plus en vue que son équipier allemand.

La marche reste peut-être encore un peu élevée pour atteindre le top 3 régulièrement, mais Force India pourra compter sur l’arrivée de Esteban Ocon pour tenter de poursuivre sa progression.

Jenson Button et Ron Dennis s’en vont, Stoffel Vandoorne et Zak Brown arrivent : début d’une nouvelle ère chez McLaren

La saison 2016 devrait rester comme la dernière de la carrière de Jenson Button en F1. Le Britannique, qui sera remplacé par le Belge Stoffel Vandoorne en 2017 chez McLaren-Honda, possède certes un contrat pour piloter en 2018, mais ses déclarations de fin de saison laissent à penser que le Grand Prix d’Abou Dhabi demeurera le dernier dans sa très belle carrière.

Champion du monde en 2009 avec Brawn GP, le Britannique avait décidé de relever le défi McLaren dans la foulée, en se mesurant à Lewis Hamilton. Vice-champion en 2011, l’ancien pilote Williams n’a ensuite jamais pu retrouver le top 3 du classement.

Pierre angulaire avec Fernando Alonso de la structure de Woking pour le retour du motoriste Honda, Jenson Button a fait les frais des soucis de jeunesse du bloc moteur nippon, qui a toutefois progressé sur les douze derniers mois.

Un temps placé pour se diriger vers Williams, Button restera proche de l’équipe F1 chez McLaren en 2017 et pourra notamment observer la première saison complète du prodige belge Stoffel Vandoorne, qui le remplacera l’an prochain. Le champion GP2 2015, appelé en dernière minute pour remplacer Alonso à Bahreïn après l’accident de l’Espagnol en Australie, n’a pas manqué ses débuts en décrochant le point de la 10e place.

En coulisses aussi, McLaren a connu un changement d’importance. Après plus de trente ans à la tête de Woking, Ron Dennis ne sera bientôt plus directeur exécutif et président de McLaren Technology Group. La fin d’une ère, qui a vu Woking arriver au sommet de la F1 dans les années 80, avec une domination majeure entre 1988 et 1991, avec Ayrton Senna et Alain Prost.

Quelques jours après l’annonce de la suspension de Ron Dennis, McLaren officialisait l’arrivée de l’Américain Zak Brown au poste de directeur exécutif.

Felipe Massa, la fin d’une carrière ?

En Italie, dans sa seconde patrie, Felipe Massa avait confirmé en marge du Grand Prix à Monza qu’il se retirerait de la F1 à l’issue de la saison 2016. L’ancien pilote Ferrari, passé tout près du sacre mondial en 2008, a ainsi reçu plusieurs hommages, dont celui à domicile au Brésil, qui resteront parmi les images fortes de la saison.

Mais la retraite du Pauliste de Williams pourrait potentiellement prendre fin dans le grand bouleversement provoqué par la retraite de Nico Rosberg. En cas de départ de Valtteri Bottas de l’équipe de Grove vers Mercedes, la presse brésilienne a indiqué que Massa pourrait déjà retrouver le baquet.

Le premier Grand Prix à Bakou en Azerbaïdjan

Dans sa volonté de trouver de nouvelles destinations, Bernie Ecclestone avait offert l’opportunité à la capitale Bakou en Azerbaïdjan, d’accueillir le Grand Prix d’Europe en 2016. Déjà habituée à la présence du sport automobile dans ses rues (via le Baku World Challenge et la finale des Blancpain Sprint Series), la cité azérie était la grande nouveauté du calendrier.

Entre portions très étroites, et longues sections rectilignes et très larges, le tracé dessiné par Hermann Tilke a permis à Nico Rosberg d’apposer son nom au palmarès. Seule ombre au tableau, la course était disputée le même week-end que les 24 Heures du Mans. Un clash de dates qui ne se reproduira toutefois pas en 2017 pour le désormais Grand Prix d’Azerbaïdjan.

Haas F1 Team se lance dans le bain

La présence de la structure de Gene Haas sur la grille de départ du Grand Prix d’Australie, marquait le grand retour d’une équipe américaine en F1. Soutenue par la Scuderia Ferrari sur le plan technique, l’écurie qui engageait Romain Grosjean et Esteban Gutiérrez a plutôt réussi ses débuts, avec de nombreux points glanés par le pilote français lors des premières courses (6e à Melbourne, 5e à Bahreïn).

La belle entame a par la suite connu un coup d’arrêt, avec aucun point marqué entre l’Espagne et l’Azerbaïdjan, Grosjean a retrouvé le top 10 en Autriche, avant une nouvelle période de disette durant l’été.

Il faudra finalement attendre Austin et le Grand Prix des Etats-Unis pour revoir l’ancien pilote Lotus, seul pourvoyeur de points pour Haas F1 Team en 2016, dans le top 10. Une récompense à domicile bienvenue, avant deux épreuves plus que compliquées au Mexique et au Brésil.

Haas F1 Team a fait le choix de recruter le Danois Kevin Magnussen pour 2017, pour épauler Romain Grosjean et ainsi tenter d’au mieux stabiliser sa position au classement.

Esteban Ocon rejoint Romain Grosjean

Confirmé comme troisième pilote lors de la présentation du Renault Sport F1 Team, Esteban Ocon, en plus de ses attributions de pilote Junior Mercedes, mettait encore un peu plus un pied en F1.

Quatre apparitions en essais libres avec la R.S. 16, en plus d’essais privés avec Mercedes, ont permis au Français d’accumuler de l’expérience en parallèle de son programme en DTM. Puis l’histoire s’est brusquement accélérée durant l’été avec les premières rumeurs d’un possible remplacement de Rio Haryanto, alors titulaire chez Manor.

Grâce au lien de Mercedes, qui motorise l’écurie de Dave Ryan, Esteban Ocon est titularisé pour les neuf dernières courses à partir du Grand Prix de Belgique. De quoi retrouver deux pilotes français sur la grille de départ d’un Grand Prix.

Le Normand poursuivra sa progression en 2017, mais au sein de Force India cette fois, qui a fait confiance au champion GP3 Series 2015.

Le rachat de la F1

Cette fois, c’est acté, la F1 va changer de main. CVC va céder prochainement (durant la première partie de l’année 2017) les rênes de la discipline reine du sport automobile au groupe américain Liberty Media.

Très vite, les futurs responsables ont annoncé leur vision de ce que pourrait être la F1 du futur, entre développement des interactions avec le public et nouvelles destinations potentielles …

Le Grand Prix de France, c’est pour 2018

Depuis 2008, les fans de sport automobile français attendaient cela. Christian Estrosi l’a officiellement confirmé au début du mois de décembre : le Grand Prix de France sera de retour en 2018, soit dix ans après la dernière édition disputée à Magny-Cours dans la Nièvre (victoire de Felipe Massa sur Ferrari).

Mais ce n’est pas le tracé nivernais qui accueillera les monoplaces dans un peu moins de deux ans désormais, mais bien le complexe varois du Paul-Ricard, ancien temple hexagonal de la F1 dans les années 80 et jusqu’en 1990.

Le circuit de 5,8 km, utilisé entre 1971 et 1985, sera le théâtre de la course.

source: Autohebdo.fr

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