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nov 12

L’Histoire des Grands Prix aux États-Unis

A l’occasion du retour au calendrier du Grand Prix des États-Unis

Formula 1 United States Grand PrixFlagworld - F1ToileF1  propose de revenir sur l’histoire de cette manche au pays de l’Oncle Sam. Aujourd’hui, retour sur la première édition de ce Grand Prix, disputée en 1959 sur le fameux circuit de Sebring.

En ce 12 décembre 1959, la manche inaugurale du Grand Prix des États-Unis est l’épilogue d’une saison dominée par Jack Brabham et Stirling Moss, bien aidés par leurs révolutionnaires Cooper-Climax T51 à moteur central. Le titre se jouera entre ces deux hommes et Tony Brooks, qui fait office d’outsider avec sa Ferrari 246 F1 à moteur avant.

Dès le départ, Moss, parti en pole, prend rapidement le large sous le soleil floridien. Tous les espoirs sont alors permis pour le Britannique, mais un ennui de transmission le contraint à l’abandon dans les premières boucles. Brabham récupère alors la tête, suivi de près par le jeune Néo-Zélandais Bruce McLaren, et Maurice Trintignant, tous deux sur Cooper-Climax. A ce moment précis, le titre semble acquis pour l’Australien, puisque Brooks, son dernier rival au championnat, est loin derrière.

La course suit son train, et le Français revient peu à peu dans les échappements du duo de tête, si bien qu’il ne concède plus que quatre secondes à McLaren à l’entame du dernier tour. Dans la ligne droite de retour, parallèle à celle où sera jugée l’arrivée, Brabham va d’un bord à l’autre de la piste pour tirer les dernières gouttes de carburant de son réservoir. Peu avant le départ, il avait refusé de suivre le conseil de son chef-mécanicien, qui lui indiquait de partir avec le plein, pour bénéficier d’une voiture plus légère.

Après une seconde d’hésitation, McLaren dépasse son coéquipier et s’en va décrocher le premier succès de sa carrière, un souffle devant Trintignant. Entre temps, le malheureux Brabham, tombé en panne sèche, a mis pied à terre à moins de 500 mètres de la ligne d’arrivée. Sans plus attendre, il se met à pousser sa voiture sous les encouragements du public américain, entièrement acquis à sa cause. Dépassé par Brooks, il passe le drapeau à damiers près de cinq minutes après le vainqueur, mais l’essentiel est là : il obtient la première de ses trois couronnes mondiales.

Par la suite, Jack Brabham a signé deux autres titres pilotes, en 1960, toujours sur Cooper-Climax, et en 1966, sur … Brabham-Repco, devenant ainsi l’unique pilote à devenir Champion du Monde sur une voiture portant son nom. Il a remporté 14 Grands Prix entre 1959 et 1970, et il est actuellement le plus ancien Champion du Monde encore vivant.

L’Histoire des Grands Prix aux États-Unis (2/5)

Après le récit du spectaculaire Grand Prix des États-Unis 1959, ToileF1 vous emmène aujourd’hui douze ans plus tard, en 1971, sur le célèbre tracé de Watkins Glen.

Chaque automne depuis 1961, les montées en régime stridentes des Formules 1 troublent la quiétude du paisible village de Watkins Glen, dans l’État de New York. Le 3 octobre 1971, ce Grand Prix à la campagne n’a plus d’intérêt pour le championnat, puisque Jackie Stewart est devenu double Champion du Monde en août, sur l’Österreichring. Bien qu’il soit déjà titré, l’Écossais a tout de même signé la pole position, la veille, au volant de sa performante Tyrrell-Ford 003.

Le départ est donné, et comme chacun s’y attend Stewart construit un écart avec ses concurrents dès les premières boucles. Derrière, le peloton mené par François Cevert, le coéquipier de Stewart, ne parvient pas à suivre le rythme effréné du Britannique. Mais la fête est de courte durée pour Stewart : ses pneumatiques supportent mal les contraintes infligées par son pilotage, et Cevert ne tarde pas à refaire son retard. Au quatorzième tour, la jonction est faite, et le jeune Français déborde aussitôt son illustre équipier.

A la mi-course, c’est au tour de Cevert de connaître des difficultés avec ses pneumatiques. Jacky Ickx, alors second, en profite et revient à moins de trois secondes du leader, mais quelques tours de piste plus tard, l’alternateur de sa Ferrari le trahit. Cette casse endommage également la boîte de vitesse du Belge, qui répand alors de l’huile sur la piste. Denis Hulme puis Cevert en font tour à tour les frais, heurtant tous deux le rail de sécurité. Le Néo-Zélandais y laisse sa suspension et ses espoirs de podium, tandis que le Français repart miraculeusement, avec désormais près de trente secondes de marge sur son nouveau poursuivant, le Suisse Jo Siffert, sur BRM.

La fin de course est plus calme pour le Français qui passe sous le drapeau à damier avec quarante secondes d’avance sur Siffert, qui de son côté a lutté pour conserver sa place de second face à la March-Ford du Suédois Ronnie Peterson. Celui que l’on surnomme Le Prince remporte là son premier et unique succès en Formule 1, sur le circuit qui allait lui coûter la vie, deux ans plus tard, lors des essais qualificatifs du même Grand Prix. Siffert et Peterson n’auront pas un destin plus heureux, le Suisse se tuant trois semaines plus tard à Brands Hatch, lors d’une course hors championnat, alors que le Suédois perdait la vie en 1978, des suites de ses blessures du Grand Prix d’Italie.

Bien qu’il n’ait remporté qu’un seul Grand Prix dans sa courte carrière, François Cevert était très admiré par le public français. Cette popularité était due à ses prouesses en Formule 1, mais aussi aux 24 Heures du Mans, au volant des glorieuses Matra-Simca MS670. Il ne s’imposa cependant jamais lors de la Classique Mancelle.

L’Histoire des Grands Prix aux États-Unis (3/5)

Aujourd’hui, ToileF1 met le cap sur le Grand Prix de Las Vegas 1982, manche de clôture d’une des saisons de Formule 1 les plus atypiques de l’Histoire, qui se déroula sur le circuit de Caesars Palace.

Après le Grand Prix des États-Unis Ouest à Long Beach en avril et le Grand Prix des États-Unis Est dans les rues de Détroit en juin, cette course dans la ville du poker et de la roulette est la troisième de la saison 1982 à se dérouler sur le sol américain. Le circuit, qui ressemble plus à une énorme piste de karting, est tracé sur le parking de célèbre casino dont il porte le nom. La chaleur y est insoutenable, la faute au soleil de plomb du désert du Nevada et à l’environnement entièrement bitumé de ce tourniquet, qui est très peu apprécié par les pilotes européens.

En arrivant à Las Vegas, Keke Rosberg et sa Williams-Ford FW08 occupent une confortable place de leader du classement pilotes, avec neuf points d’avance. Seul le pilote McLaren John Watson peut encore lui ravir le championnat, à condition qu’il l’emporte et que Rosberg ne marque aucun point. Pourtant, le Finlandais n’a pas dominé cette saison, marquée par le décès de Gilles Villeneuve à Zolder et le grave accident de Didier Pironi à Hockenheim, qui stoppa net sa carrière alors qu’il semblait filer vers le titre. En effet, Rosberg n’a remporté qu’une manche, le Grand Prix de Suisse disputé à Dijon-Prenois, mais sa régularité et les malheurs de ses concurrents l’ont placé en position de potentiel Champion du Monde. Cette position est aussi due au fait que le championnat fut très disputé : onze pilotes se sont partagés les seize courses courues, et aucun n’en a remporté plus de deux.

Fait rarissime, le départ est donné un samedi, le 25 septembre. Les pilotes Renault Alain Prost et René Arnoux mènent à tour de rôle les premiers tours, jusqu’à ce que ce dernier soit contraint à l’abandon, sur problème moteur. Derrière, Michele Alboreto et sa Tyrrell-Ford, suivi de Watson, se font de plus en plus pressants, si bien qu’ils finissent par se défaire de Prost, en délicatesse avec ses gommes. En espérant un abandon de Rosberg, alors cinquième, Watson peut encore rêver au titre. Mais le parking du Caesars Palace et son revêtement bosselé auront finalement raison de ses pneumatiques et de ses chances de sacre, puisqu’il ne reviendra jamais sur l’intouchable Alboreto, qui remporte là son premier succès. Le podium est complété par Eddie Cheever sur Ligier-Matra, tandis que Rosberg, auteur comme à son habitude d’une sage course, se classe cinquième et décroche ainsi le titre mondial.

En neuf saisons dans la catégorie reine, Keke Rosberg a pris part à cent-quatorze Grands Prix, mais n’en a remporté que cinq. Il est donc la parfaite illustration de l’adage d’Enzo Ferrari, selon lequel « ce sont les points intermédiaires qui font les Champions du Monde ».

L’Histoire des Grands Prix aux États-Unis (4/5)
 
Après le Grand prix de Las Vegas 1982, ToileF1 fait aujourd’hui un bond vingt ans plus tard pour vous emmener sur l’Indianapolis Motor Speedway où se déroula le Grand Prix des États-Unis 2002.

Cette année-là, la manche américaine du championnat est l’avant dernière course d’une saison dominée de bout en bout par Michael Schumacher et Ferrari. Le Baron Rouge est sacré Champion du Monde dès le 21 juillet, à Magny-Cours, alors que la Scuderia réussit l’exploit de marquer autant de points que les dix autres écuries réunies ! A Indianapolis, ne restent donc en jeu que les miettes de la paire germano-italienne, mais dès les qualifications, il apparaît difficile pour la concurrence d’aller chercher la victoire, puisque seul Rubens Barrichello, deuxième sur la grille, est parvenu à suivre le rythme effréné de la F2002 de son illustre équipier.

À l’extinction des feux, les deux pilotes Ferrari conservent la tête, l’Allemand devant le Brésilien. Ils restent dans cette position toute la course, sans jamais vraiment être inquiétés par leurs plus proches (ou moins lointains) adversaires de la saison, les Williams-BMW et les McLaren-Mercedes. Mais au moment de franchir la ligne d’arrivée, coup de théâtre : Schumacher lève le pied, Barrichello se porte à sa hauteur, et les deux monoplaces au Cheval Cabré semblent franchir la ligne en même temps. L’écart est si faible qu’aucun des deux hommes ne sait s’il est vainqueur ou non. Cette manœuvre rappelle bien sûr le scandale du Grand Prix d’Autriche, en mai, à la fin duquel Barrichello s’était effacé devant Schumacher, mieux placé au championnat.

Après chronométrage, C’est finalement le Brésilien qui remporte ce Grand Prix, avec onze millièmes d’avance sur Schumacher, et sept secondes de marge sur la MP4-17 de David Coulthard, ce qui fait de cette arrivée l’une des plus serrée de l’Histoire de la Formule 1 avec le Grand Prix d’Italie 1971 où un centième de seconde avait départagé Peter Gethin et Ronnie Peterson. Les techniques de mesure de l’époque ne permettait pas une précision au millième près, on ne saura donc jamais laquelle de ces deux course fut la plus serrée.

Schumacher déclarera après la course avoir voulu offrir une double victoire à l’équipe de Maranello en franchissant la ligne en même temps que son coéquipier, comme Ford l’avait fait lors des 24 Heures du Mans 1966. L’initiative du septuple Champion du Monde fut très critiquée, certains jugeant que Ferrari avait à nouveau tronqué la course.

Ce doublé à Indianapolis du duo Schumacher-Barrichello est le deuxième, après celui de 2000. Il y en aura encore deux autres, en 2004 et 2005, ce dernier étant tristement célèbre pour avoir été l’épilogue de la course la plus controversée de l’Histoire de la Formule 1, seules les voitures chaussées de pneumatiques Bridgestone ayant pris le départ.

à suivre…

source: ToileF1.com

 

 

 

 



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